Dans un contexte de crise immobilière et de marché en tension, louer une maison ou un appartement au Luxembourg peut vite se transformer en véritable parcours du combattant, tout spécialement pour les foyers aux petits budgets. Le concept de gestion locative sociale, qui vise à favoriser l’accès pérenne au logement aux ménages modestes tout en réduisant le nombre de biens inoccupés, prend alors tout son sens. Explications.

Une idée née d’un constat simple

Côté pile, une pénurie de logements au Grand-Duché et l’impossibilité pour une population à faible revenu ou en situation de précarité d’accéder à un marché immobilier de plus en plus onéreux, en particulier dans la capitale et sa périphérie, et dont les prix ont connu au 3ème trimestre 2017 une nouvelle flambée.

Côté face, de nombreux biens restés vacants et inhabités pendant une période de temps prolongée, suite par exemple à l’entrée en maison de retraite d’un proche ou la transmission d’un héritage familial. Les données actuelles font ainsi état de 10 000 à 20 000 logements non occupés sur le territoire, soit autant de biens "fantômes" qui n’arrivent jamais sur le marché.

Afin de résoudre ces problématiques croisées, l’Etat a mis en place en 2009 un instrument dédié : la gestion locative sociale.

Un concept éprouvé

Destiné à lutter contre la pauvreté et l’exclusion tout en stimulant la mixité sociale, le dispositif s’adresse aux fondations ou associations sans but lucratif ayant pour objet social la promotion du logement, aux communes, aux syndicats de commune ou encore aux offices sociaux.

Ces organismes peuvent signer une convention de collaboration avec le ministère du Logement pour louer des biens appartenant à des propriétaires privés qui les mettent à la disposition des personnes à la recherche d’un logement. La gestion complète en est alors assurée par la structure partenaire. 

Prometteur, le dispositif démontre jour après jour son efficacité. La preuve par les chiffres : entre la fin de l’année 2016 et février dernier, le nombre de biens loués par des propriétaires aux acteurs du secteur a progressé de plus de 40%.

Des bénéfices pour les deux parties

Solution gagnant-gagnant, la gestion locative sociale offre de nombreux avantages économiques, fiscaux et sociaux, aussi bien pour les candidats à la location que pour les propriétaires qui peuvent bénéficier de contreparties intéressantes. 

Pour les locataires :

> L’accès à une habitation adaptée à la composition du ménage et à un prix abordable : les loyers sont moins élevés sur le marché conventionné que sur le privé, entre 30 et 40% en dessous des prix habituellement pratiqués ;

> La possibilité de profiter d’un accompagnement social au sein d’un projet d’inclusion global.

Pour les propriétaires et bailleurs :

> La garantie du versement d’un loyer régulier, y compris en cas de non-occupation ;

> Le contrôle et l’entretien du logement par une prise en charge technique, incluant de menus travaux de rénovation avant la première occupation et la réalisation des réparations locatives courantes ;

> Des avantages fiscaux importants : une exonération de 50% sur les revenus nets locatifs générés (depuis l’année fiscale 2017) ;

> L’assurance de donner un sens à son patrimoine en contribuant à un acte fort de solidarité.

En outre, le bien reste disponible à tout moment en cas de besoin personnel, l’organisme conventionné ayant la possibilité de reloger les occupants dans un court délai de quelques mois.


Publié le 16 octobre 2018.