08 AVRIL 2019

En matière de construction, la tendance tend doucement vers des habitations écologiques. Terminé les traditionnelles maisons en béton ou en pierre, matériaux performants mais parfois décriés. Ce que l’on veut désormais, c’est revenir aux sources en construisant local et naturel. Grâce aux écomatériaux (autrement appelés matériaux biosourcés), qui connaissent une belle progression dans nos régions, c’est désormais tout à fait possible.

Vous songez sérieusement à acheter un terrain pour y faire construire votre maison ? Vous vous posez encore des questions quant au choix des matières premières ? Avez-vous déjà pensé aux matériaux biosourcés ?

Ces ressources rencontrent un certain succès auprès des nouveaux propriétaires en quête d’un logement plus naturel, et commencent lentement mais sûrement à apparaître comme une alternative intéressante écologique et économique aux matériaux plus traditionnels issus de l’industrie pétrolière.

Meilleurs pour la santé

Les matériaux biosourcés sont souvent qualifiés de matériaux de construction sains, car ils n’ont pas d’impact négatif sur la santé et proviennent de ressources durablement renouvelables, et réellement renouvelées, sans incidence sur d’autres milieux naturels ou espèces. Pour être considéré comme biosourcé, le matériau doit être constitué au moins en partie de matière d’origine biologique (végétale ou animale).

En plus de répondre aux critères techniques habituels (performance, durabilité, sécurité…), ils s’appuient sur des critères socio-environnementaux et ce, tout au long de leur cycle de vie. En bref, des matériaux locaux, renouvelables et biodégradables, et mis en œuvre pour pouvoir être démontés en cas de besoin.

Un plus pour l’environnement et l’emploi

Les écomatériaux présent de nombreux avantages, dont certains parfois surprenants mais cruciaux. En raison de leur caractère local, ils créent des emplois de proximité, sans intermédiaires, avec une faible distance d’approvisionnement (les produits sont en effet souvent disponibles dans la région) et garantissent un meilleur environnement aux ouvriers durant la phase de construction : confort et qualité de l’air, baisse des nuisances acoustiques et visuelles...

Sur le plan environnemental, les matériaux biosourcés ont de faibles répercussions, contrairement à d’autres matériaux comme le béton. Ils diminuent l’empreinte écologique de l’habitat, de même que les émissions de gaz à effet de serre.

Diverses applications

Plusieurs types de matériaux biosourcés existent : ceux issus de la sylviculture, tels que le bois et ses dérivés, du milieu agricole comme le chanvre, la paille, le lin ou la laine de mouton, et ceux provenant du recyclage à l’image du papier et du carton recyclé. Les applications ne manquent pas, ces matériaux pouvant être facilement utilisés comme éléments de structure, isolants, revêtements de sol, bétons, panneaux, peintures ou vernis. Ils doivent toutefois être intégrés dès la conception du projet pour limiter les imprévus et les surcoûts.

Même si les matériaux biosourcés sont dits naturels et sans effet sur l’environnement et la santé, ils subissent cependant, à l’instar des autres matériaux, un processus de transformation. Des additifs (dont certains non biosourcés) y sont ajoutés en proportions variables. Ils ne peuvent donc se targuer d’être 100% naturels, mais certains d’entre eux sont toutefois très peu travaillés.  

Pour vérifier que les produits sélectionnés restent respectueux de l’environnement, des labels de référence existent, comme par exemple les labels VIBE ou Nature Plus, agrément international qui précise le caractère sain et écologique des matériaux de construction.

Des matériaux vieux comme le monde

Certains des matériaux biosourcés sont utilisés depuis des millénaires, même s’ils ont longtemps été mis de côté au profit d’autres matières et restent aujourd’hui encore minoritaires. Certains franchissent pourtant le pas et optent pour ce retour aux fondamentaux. Face aux exigences toujours plus élevées en matière d’efficacité énergétique, ces nouvelles alternatives semblent la solution la plus adaptée.

Contrairement aux idées reçues, recourir aux écomatériaux n’est pas nécessairement plus cher pour votre portefeuille. Comme ils sont la plupart du temps locaux et issus de circuits courts, et grâce à leurs performances énergétiques remarquables, ils peuvent finalement vous coûter moins cher que des matériaux traditionnels. Tout dépend évidemment des produits vers lesquels vous choisissez de vous tourner.

Le bois

Certaines variétés de bois, comme le cèdre ou le cyprès, sont réputées pour être imputrescibles et durables. Si le bois est depuis longtemps utilisé dans l’habitat écologique, il a failli disparaitre lors de la construction de masse. Ses avantages sont pourtant nombreux. Outre son esthétique, le bois offre une excellente isolation thermique et absorbe l’humidité de l’air. Sous forme de panneaux, il ne craint pas l’humidité, est perméable à la vapeur et se montre efficace contre les ponts thermiques. Quant au liège, il résiste en plus très bien aux parasites et garantit la stabilité dans le temps.  

Le chanvre

Parmi les écomatériaux destinés à l’isolation, le chanvre figure en bonne place. Le cœur ligneux de cette plante allie en effet force et élasticité. Mélangé avec du plâtre et de l’eau, il devient l’un des meilleurs matériaux de construction naturels et durables, aux propriétés isolantes thermiques efficaces. Le chanvre est disponible sous de multiples formes. La fibre ou la laine peuvent isoler les combles perdus ou aménagés ; en rouleau, le chanvre isole à la perfection les structures portantes. Même les graines et la poussière peuvent être utilisées, respectivement pour la fabrication d’huile d’imprégnation en traitement des bois et en guise d’absorbant pour toilettes sèches.

La chaux

Ce liant minéral et naturel présente de nombreuses qualités. Il tue les bactéries, respire et est imperméable à l’eau de ruissellement. Associé au chanvre, il donne naissance au béton de chanvre, aux performances très recherchées.

Les bales

Les enveloppes de céréales (riz, épeautre, sarrasin, orge...) ont démontré leur efficacité comme isolants naturels. Ces "déchets" recyclés assurent confort thermique et phonique. Les bales peuvent être utilisées entre autres pour l’isolation des planchers ou combles perdus, mais aussi comme isolant pour les murs, les cloisons et les toitures.

La paille

Les pailles ont trouvé une nouvelle utilité dans le secteur de la construction. De céréales ou de lavande, elles sont séchées, criblées, dépoussiérées et mises en sachet empilés dans l’ossature du mur sur lequel le toit et les étages reposent, dans le but de servir d’isolant.

La terre

Longtemps réservée aux enduits de maisons écologiques, la terre fait son grand retour dans la construction. Un matériau durable et économique, qui répond on ne peut mieux aux attentes environnementales malgré les freins psychologiques et réglementaires. La terre nécessite également peu de transformation et a pour avantages d’améliorer la qualité de l’air intérieur et de réguler la température.

Le sable et les algues

Le sable, particulièrement résistant, peut être utilisé comme parois pour vos murs en offrant des capacités thermiques élevées. Une fois séchées, les algues sont capables de servir d’isolant écologique. Il suffit alors de fixer des sacs d’algues en toile à la structure portante de vos murs.

La laine de mouton, et autres laines de fibres végétales ou animales

La laine de mouton est particulièrement efficace contre les ponts phoniques et vous garantit une stabilité dans le temps. De manière générale, les laines végétales et animales sont moins toxiques à la pose et à l’usage que les laines minérales.

Le miscanthus

Espèce vivace de roseau d’origine chinoise, le miscanthus est notamment utilisé en combustible pour le chauffage ou la transformation. En plus de ne demander ni pesticides ou engrais, le miscanthus stocke le carbone, ce qui permet une très bonne résistance thermique et une excellente isolation phonique.


  A LIRE AUSSI  

> Isoler sa maison en étant écologique n'est plus un comble