Avec 20 années d’expérience au compteur, Zakaria Majdouline a fondé en 2013 l’Atelier Archimade, son propre bureau d’architecture et d’urbanisme. Entouré de 12 collaborateurs, il ne s’impose aucune restriction et conçoit aussi bien des maisons unifamiliales, que des immeubles résidentiels ou des bureaux. Avec une spécificité supplémentaire : en amont de chaque projet, une modélisation en 3D pour permettre de le visualiser avec un réalisme saisissant. Pour en comprendre l’utilité, mais aussi le fonctionnement de l’Atelier Archimade, rencontre avec son fondateur et son associé, Julian Tiranishti.

L’association des deux hommes n’est d’ailleurs pas le fruit du hasard, comme le confirme d’emblée Zakaria Majdouline : " c’est un choix stratégique. Julian avec son diplôme d’architecte urbaniste, et moi avec celui d’ingénieur architecte, nous nous complétons ". Une force pour le bureau, qui peut mener des missions d’architecture et d’urbanisme de A à Z, mais aussi une réelle plus-value pour le maître d’ouvrage qui peut ainsi jouir des conseils du duo.

Parmi les autres activités figurent également la réalisation de passeports énergétiques et de cadastres verticaux, l’architecture d’intérieur également. Mais, comme le mentionne Zakaria Majdouline, il ne s’agit pas d’un marché qu’il souhaite conquérir à tout prix : " Si on nous le demande, nous pouvons réaliser cette mission. Mais nous ferons davantage appel à des confrères, surtout s’il s’agit d’un bâtiment autre qu’une maison unifamiliale ".

Architecte, ou la nécessité d’être diplomate

Avant chaque entame de projet, les besoins du client sont passés au crible, ainsi que le budget dont il dispose afin de lui proposer un habitat en adéquation avec la somme qu’il souhaite investir. Pour ne pas tomber sur de mauvaises surprises à l’arrivée, mieux vaut s’entourer de " professionnels qui ont du savoir-faire et de l’expérience " comme le fait remarquer Julian Tiranishti.

Car l’expérience, c’est ce qui va faire la différence enchaîne Zakaria Majdouline : " la construction n’est pas quelque chose de compliqué puisqu’on construit depuis des millénaires. Par contre, ce n’est pas à l’école que le métier s’apprend, seules les bases y sont enseignées. J’estime d’ailleurs qu’on ne peut pas être un bon architecte en sortant des études, même si l’on a de très bonnes idées ".

Autre qualité nécessaire pour exceller dans le métier, la diplomatie. " Avoir un bon contact avec le client est impératif et, à chaque choix effectué, nous devons être en mesure de le justifier. Nous devons également freiner certaines demandes en lui expliquant que la construction doit rester cohérente et harmonieuse. Néanmoins, on ne peut rien refuser au client s’il insiste car c’est lui qui vivra dans la maison " poursuit Zakaria Majdouline.

Le triple A, un obstacle

Avec la nécessité, pour chaque nouvelle construction au Luxembourg, d’être définie par le passeport énergétique AAA, une nouvelle contrainte est venue s’ajouter au travail des deux architectes. La géométrie de l’architecture doit désormais être prise en considération alors qu’auparavant, presque n’importe quelle forme pouvait être classée triple B.

" Il y a peu, nous avons construit une maison, dont l’architecture est plutôt originale, à Mondorf-les-Bains. Il s’agit sans doute du dernier bâtiment que nous pourrons réaliser de cette manière car avec l’obligation du triple A, il est nécessaire d’avoir des volumes plus compacts. C’est triste à dire mais finalement, ce passeport énergétique nous amène des contraintes, dans le sens où nous allons nous retrouver avec des architectures qui seront toutes similaires du point de vue volume " constate Zakaria Majdouline.

La donne pourrait néanmoins changer dans le futur puisque des logiciels de conception de maquettes numériques permettront de calculer en temps réel la classe énergétique d’un bâtiment, en fonction des modifications qui y sont apportées virtuellement. De quoi se permettre, probablement, un peu plus de fantaisie.

La technologie 3D, une valeur ajoutée

La technologie fait, elle, déjà partie du quotidien des deux architectes et de leurs collaborateurs puisqu’ils ont pour habitude de travailler en BIM (Building Information Modeling – Modélisation des Informations du Bâtiment), ce qui leur permet ensuite de réaliser une maquette numérique en 3 dimensions pour chacun de leur projet.

Une méthodologie de travail qui constitue une réelle valeur ajoutée pour l’Atelier Archimade, comme le fait remarquer Zakaria Majdouline. " En dessinant en 3 dimensions, nous générons automatiquement les métrés. En calculant les quantités de matériaux nécessaires et leur prix, nous pouvons ainsi déterminer le coût du bâtiment. La 3D nous permet aussi de minimiser le risque d’erreurs et d’ainsi minimiser les mauvaises surprises sur chantier ".

Concrètement, cette technologie permet également de remporter des contrats, comme ce projet de Walferdange souligne Julian Tiranishti :
" Nous étions le 5ième bureau à proposer quelque chose, les 4 premiers avaient été écartés, tous disaient que l’accès ne pouvait se faire que via une seule route. Notre approche a été différente. Grâce à une maquette 3D, nous avons démontré que l’accès le plus favorable se faisait via un autre chemin ".

Cette modélisation BIM permet également de rendre les informations plus compréhensibles de tous, ce qui s’avère utile lorsqu’un projet doit être défendu devant un conseil communal dont les membres viennent de tout horizon : " ces personnes ne sont pas familières avec des projets architecturaux ou la lecture d’un plan. Nous partons du principe que quelqu’un qui ne comprend pas aura tendance à dire non. La maquette, surtout si le projet est complexe, va leur permettre de se projeter ".  

Un concours pour un projet de grande envergure

A l’heure actuelle, l’Atelier Archimade, en collaboration avec un confrère bruxellois,  est en lice pour prendre en charge la construction d’une tour à Differdange : " nous étions 7 bureaux au départ, 5 ensuite, nous ne sommes plus que 3 désormais ".

Les résultats du concours, eux, sont attendus aux alentours de la mi-juin : " Nous serons très heureux si nous l’emportons, car nous avons investi beaucoup de temps et de moyens. Mais si ce n’est pas le cas, nous pourrons tout de même dire que nous avons vécu une belle expérience car des projets de tour, il n’y en a pas à tous les coins de rue ".  

Il arrive également que l’Atelier Archimade se concentre sur des projets de rénovation, à l’instar d’une maison relais localisée dans le nord du pays, même " s’il s’agit davantage de deux projets en un " note Zakaria Majdouline : " nous avons rénové l’ancien bâtiment, qui est classé. Il abrite désormais un restaurant, une cuisine, des locaux sanitaires, un bureau et une salle multifonction. Dans son prolongement, nous avons construit une extension 100% écologique et durable, avec des matériaux recyclables. Elle abritera sept salles d’activités ".

Construire, une expérience unique

En fonction du client, l’approche va indéniablement varier. " S’il s’agit d’un promoteur, c’est bien évidemment l’aspect rentabilité du projet qui primera, même si l’esthétisme entre également en compte ".
Par contre, pour la construction d’une maison unifamiliale, la donne va être différente souligne Zakaria Majdouline : " c’est un projet à 3, entre le bureau et le couple. Une expérience qui peut avoir des hauts et des bas, tant au sein du couple qu’entre eux et moi. C’est normal qu’il existe parfois des tensions sur la durée d’un projet ".

Le mot de la fin ? " Construire est une aventure unique, la communication est donc primordiale pour ne pas accumuler les rancœurs ".

 
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