En une quinzaine d’années d’existence, la structure a évolué de manière exponentielle, mais sans pour autant voir son nombre de collaborateurs exploser : de deux architectes, ils sont passés à neuf. Une bonne communication entre les collaborateurs représente un net avantage pour partager leur point de vue et leur expérience, d’autant qu’à l’atelier b, chacun est prédestiné à mener une mission de A à Z, comme le mentionne Christian Barsotti. "Nous sommes structurés de manière horizontale, je n’ai jamais voulu que chacun se voit attribuer une tâche spécifique hors contexte. Cela permet ainsi à chaque architecte d’effectuer un travail varié, mais aussi de voir le fruit de l’ensemble de ses efforts se matérialiser. Et finalement, c’est aussi un avantage pour le client, qui peut avoir le même interlocuteur tout au long de son proje".


Autre plus, pour le maître d’ouvrage, l’environnement du bureau, multiculturel, ‘‘à l’image du pays’’. En son sein, on s’exprime en six langues (le luxembourgeois, le français, l’allemand, l’anglais, le portugais et l’italien). D’un point de vue architectural, cette diversité a également son avantage, comme le souligne malicieusement Christian Barsotti : "Un architecte francophone a peut-être une approche différente que son confrère germanophone. Cet échange entre tout le monde va peut-être donner la solution luxembourgeoise".

Un défi : restaurer des patrimoines anciens et historiques

Si la diversité multiculturelle règne au sein de l’atelier b, il en va de même en ce qui concerne les missions menées : "Nous ne nous limitons pas à la construction de nouveaux bâtiments, nous sommes également très actifs dans le secteur de la revitalisation et de la restauration de bâtiments historiques. Cela implique de devoir penser autrement, d’avoir des connaissances particulières. En tout cas, c’est très enrichissant de pouvoir alterner entre ces deux types de missions complètement différentes".

Parmi les restaurations effectuées, celle de l’Eglise paroissiale de Junglinster,  un édifice baroque classé monument national dont les travaux se sont déroulés entre 2003 et 2010. Le bureau en a assumé la préparation et la coordination générale des travaux : "Nous avons dû faire des recherches poussées sur les matériaux historiques et collaborer étroitement avec le Service des sites et monuments nationaux. Nous avons même réinstallé une charpente en bois supportant les cloches en supprimant celui en métal d’après-guerre. Désormais, elles sonnent de nouveau comme au XVIIIème siècle".

Le château d’Useldange est également passé entre les mains de Christian Barsotti et de son équipe, où des éléments neufs côtoient désormais les plus anciens : "Chaque ajout a été réalisé selon la ‘‘Charte de Venise‘‘, c’est-à-dire de manière à ce qu’il puisse être distingué du patrimoine médiéval. Notre ambition n’est pas de produire des répliques historiques, il faut à tout prix éviter le 'faux-ancien'."

Un rôle de précurseur au Grand-Duché

Pour se prouver que l’atelier b peut aussi bien évoluer dans la restauration de monuments historiques que dans la construction contemporaine, il suffit de se rendre dans la Galerie d’Art de Walferdange, dit ‘‘CAW’’. Composée de deux anciennes maisons appartenant à la commune, et dont il a assuré la rénovation, il lui a adjoint un volume noir mat sans fenêtres. Installé à l’arrière de la demeure comme salle d’exposition, celui-ci aspire la lumière du jour grâce à plusieurs ouvertures zénithales.
"Ce genre de mission reste néanmoins ponctuel. La majorité du temps, nous effectuons des prestations pour des clients privés" ajoute Christian Barsotti, avant de poursuivre : "Notre crédo, c’est d’allier modernité, poésie architecturale et haute efficience énergétique. Nous nous remettons perpétuellement en question puisque notre objectif, c’est de répondre aux besoins actuels, pas à ceux qui datent d’il y a 15 ans".

On le sait, les exigences relatives à la performance énergétique des bâtiments ont évoluées rapidement lors de cette dernière décennie. Si l’entrée en vigueur de ce règlement a pu déstabiliser certains bureaux dans le temps, cela n’a pas été le cas pour l’atelier b. "Alors que  ce développement a posé des problèmes à quelques confrères,  ceci nous a plutôt servi comme défi. Nous agissons de la sorte depuis notre création, ce qui a pu nous procurer une certaine avance dans ce domaine. C’est notre leitmotiv : qualité architecturale et efficience énergétique ne sont pas incompatibles, bien au contraire. Si je pense comme ça, c’est peut-être car j’ai effectué mes études en Autriche, une nation  à la pointe en ce qui concerne les constructions écologiques, bien avant beaucoup d’autres pays".

Un projet récemment conçu et réalisé dans ce domaine est le siège de l’Administration de la nature et des forêts (ANF), en collaboration avec morph4 architecture. Leur bâtiment, situé à Diekirch, est le premier bâtiment public du pays à énergie positive. "C’était un projet pilote très motivant, d’autant plus qu’une construction similaire n’existait pas encore à l’échelle nationale". Résultat des courses : un immeuble avec une certification environnementale DGNB qui produit plus d’énergie que ce qu’il n’en consomme, et de nombreux prix remportés.

En tous les cas, lors de chaque avant-projet, et dans l’optique de minimiser la présence de moyens artificiels destinés à fournir de l’énergie, l’orientation du terrain est prise en compte, de manière à ce que l’ensemble des facteurs naturels puissent être utilisés.

Créer une atmosphère dans chaque habitat

Mais quel conseil donner à un client qui souhaite se lancer dans un projet de construction ou de rénovation ? Christian Barsotti conseille « de faire confiance à un architecte de son choix, mais aussi d’avoir une approche réaliste . "Deux facteurs sont à prendre en compte : le budget et les exigences du maître de l’ouvrage. Ils doivent être compatibles. Dans le cas contraire, il faut alors trouver un dénominateur commun : investir plus d’argent ou revoir ses désidératas à la baisse".

Une approche réaliste, pour apporter  des réponses aux problèmes d’aujourd’hui. Car comme le précise Christian Barsotti, le défi est ""de trouver des solutions adaptées aux critères de chaque mission spécifique, sans que la note personnelle de l’architecte ne devienne  trop importante". En revanche, cela ne signifie pas qu’il ne faut pas s’écarter des sentiers battus. "Innover est important, même si le résultat final peut ne pas être concluant. Mais si cela fonctionne, si l’on parvient à amener un élément que j’appelle ‘‘joueur’’, cela va conférer à l’endroit une certaine atmosphère".
Une vision de l’architecture que Christian Barsotti résume, pour conclure, en une citation, celle d’un de ses  professeurs d’université qui l’a marqué : "La plupart des maisons sont muettes. Un certain nombre d’entre elles parlent, et quelques-unes chantent. A moi de faire en sorte que ces dernières soient toujours plus nombreuses".   

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