Entourée de ses 25 collaborateurs, Tatiana Fabeck l’annonce d’entrée de jeu : "Au sein de notre open space, tout le monde est sur un même pied d’égalité. Nous sommes tous mélangés, les architectes ne sont pas regroupés entre eux, les dessinateurs non plus, etc.". Une ambiance conviviale, à l’image de la responsable des lieux, qui s’est adjoint trois associés pour gérer les projets et la vie du bureau.
Comme se plaît à le dire Tatiana Fabeck, l’endroit se veut familial, et l’esprit d’équipe omniprésent. "Travailler dans un espace de travail ouvert favorise le partage des idées, l’entraide" explique-t-elle, avant d’ajouter que les nouveaux locaux dans lesquels ils déménageront d’ici quelques semaines feront la part belle aux endroits conviviaux : "Nous disposerons d’une grande cuisine, ainsi que d’espaces où les gens pourront échanger sans avoir l’impression d’être dans le cadre du travail".

Un constat : des missions de moins en moins complètes

En ce qui concerne le processus d’un projet, celle qui a effectué des études d’architecture en France et aux Etats-Unis à l’œil : "d’emblée, je ressens comment constituer les équipes autour d’un projet. En fonction des compétences des uns et des autres, ainsi que de leur personnalité, je vois très bien à qui confier telle ou telle mission".
Car l’humain occupe une place importante, "puisque l’équipe désignée doit être sur la même longueur d’onde que le client".
Si Fabeck Architectes est en mesure de couvrir la quasi-totalité des missions que peuvent mener un architecte ou un urbaniste dans l’environnement bâti et non-bâti, ce sont bien évidemment les missions de conception et d’exécution qui occupent la plus grande partie du temps de Tatiana Fabeck et de sa vingtaine de collaborateurs.

En revanche, elle souligne tout de même un bémol : "nous devons nous battre pour réaliser les exécutions, car de plus en plus de missions s’arrêtent à la phase du permis de bâtir. C’est regrettable car le métier d’architecte va plus loin que cette étape, celle de la construction est également importante".   

Un projet de grande envergure

Au Luxembourg, tout le monde a vu les images du futur centre commercial qui prendra place à la Cloche d’Or. Ce que l’on sait moins, c’est que c’est à Fabeck Architectes que l’on doit sa conception, qui s’apparente à un réel challenge : "c’est comme construire un morceau de ville. Nous avions déjà réalisé quelques surfaces commerciales, mais de moins grande ampleur". Car ici, les chiffres donnent le tournis – un hypermarché et une galerie commerciale de 75.000m², et un parking souterrain de 4 étages qui abritera 2.850 places, ainsi que deux tours de logements de 25.000 m².

C’est en collaboration avec SchemelWirtz Architectes Associés que le projet est mené, et cela pour une bonne raison : "nous l’avons emporté sur concours. Tout le monde était persuadé qu’un bureau international serait désigné, c’est pour cela que, dès le départ, il avait été décidé que cet acteur local serait impliqué dans l’exécution du chantier".
Egalement remporté via ce mode de sélection, le projet du Royal Grace, situé en bordure du Boulevard Royal : "nous avons été très rationnels au niveau de l’implantation de l’escalier et de l’ascenseur, ça a plaidé en notre faveur. La parcelle étant minuscule, il fallait optimiser chaque mètre carré". Résultat, un immeuble de bureaux de 1.575m², dont la façade est synonyme d’arborescence, en référence au parc situé à proximité : "elle est composée de parties métalliques qui sont plus larges en bas, et qui deviennent de plus en plus étroites en montant" explique Tatiana Fabeck.  

Les concours d’architecture, un beau challenge, mais…

Ces derniers temps, le bureau commence également à s’exporter à l’international : "nous réalisons deux très grandes villas en Russie, remportées sur concours. Nous en effectuons la conception et le suivi esthétique, les équipes locales s’occupent du reste. Nous sommes également mobilisés sur un projet de 270 logements à Dakar". En revanche, pas question de quitter le Luxembourg, Tatiana Fabeck en apprécie trop l’environnement de travail. "Notre business principal est voué à rester dans le pays. Je dois bien reconnaître que l’on peut y travailler efficacement : les distances sont courtes et les administrations transparentes. J’aime le Grand-Duché pour ce côté immédiat, facile et international".

Il y a quelques mois, le bureau a également participé à l’appel à projets concernant le pavillon luxembourgeois pour l’Exposition universelle de 2020, qui se tiendra à Dubaï. Si sa candidature n’a pas été retenue, Tatiana Fabeck mentionne que le travail réalisé en équipe a donné lieu à "une véritable cohésion, le tout dans une ambiance très constructive entre architecte, scénographe et ingénieur".
Par contre, revers de la médaille, et même si Tatiana Fabeck est la première à saluer l’utilité des concours – "nous remportons beaucoup de projets par ce biais", elle reconnaît que cela demande un investissement considérable pour elle et ses collaborateurs : "c’est plaisant, mais on nous en demande toujours plus - d’autant qu’ils se déroulent généralement en plusieurs phases-, sans savoir s’il en découlera quelque chose derrière. Un concours génère du dynamisme mais en terme de coût et d’énergie dépensée, cela peut être rude".

Des constructions à vocation sociale

Le cabinet d’architecture prend également en charge des constructions ou rénovations destinées à devenir des lieux de sociabilité, à l’instar de l’ancien moulin de Pétange devenu un site pleinement culturel, touristique et gastronomique, ou du projet mené pour le Fonds du Logement dans la commune de Betzdorf : "nous avons créé un centre de village comprenant des logements et des commerces. Ce n’est pas un projet anonyme, dans ce cas présent, nous savons exactement pour quels utilisateurs nous avons travaillé".

Fabeck Architectes, ce ne sont pas seulement des projets de grande envergure, c’est également des maisons unifamiliales. Leur construction, comme le souligne Tatiana Fabeck, demande une grande part de psychologie. "L’habitat est quelque chose de très personnel. Avant d’engager toute démarche, il est impératif d’en connaître davantage sur le client, sur la manière dont il vit, de décortiquer ses habitudes. Il est également important de ne rien lui imposer, il ne doit jamais se sentir sans choix".

Un bureau tourné vers l’avenir

Fabeck Architectes a décidé de travailler en BIM (Building Information Model) il y a maintenant 6 ans. Cette technologie permet de réaliser des maquettes intelligentes incluant le travail des ingénieurs en 3D. Elles sont utiles puisqu’elles permettent de modéliser l’ensemble de l’infrastructure et, détail, non négligeable, d’estimer les coûts des travaux très rapidement, en fonction de la quantité de matériaux utilisés.
Car le calcul des budgets fait également partie du travail des architectes : "la conception et l’exécution, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg" fait remarquer Tatiana Fabeck. A cela s’ajoute des contraintes toujours plus nombreuses, en termes de lois et de règlements en vigueur.
Elle ne changerait de métier pour rien au monde : "architecte, c’est un métier prenant. Un horaire fixe, je ne connais pas. Mais chaque matin, je me réjouis de venir au bureau".  

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